Accueil Date de création : 11/02/08 Dernière mise à jour : 24/03/09 17:56 / 17 articles publiés
 

Au commencement était l'idée  posté le mardi 12 février 2008 12:24

armure, auteur, blog scenario, blog scenariste, chronologie, ecole, ecrire un scenario, ecriture, film, histoire, idee, jean michel jarre, la montagne scenaristique, scenario, scenariste

J’ai eu pour la première fois l’idée de ce scénario alors que j’étais en classe de première. C’était la fin de l’année scolaire, c’était samedi et c’était la grande fête du lycée. On avait monté une grande scène, et plein d’élèves se succédaient dessus pour faire leur petit numéro… danser, jouer de la musique, réciter un poème ou faire un petit sketch. A l’époque j’étais le type qui s’asseyait au fond à droite de la classe, qui rêvait de voir les têtes de la moitié de la classe exploser dans une gerbe de sang et de cervelle et qui se délectait d’imaginer l’autre moitié mourir d’horreur en hurlant. Je n’avais donc aucun lien avec cet alignement d’idiots boutonneux qui faisaient la queue pour s’humilier en public, et pour tout dire, j’avais honte pour chacun d’eux, l’un après l’autre. A part lorsque de jolies filles dansaient, je m’ennuyais ferme. Je m’ennuyais donc presque tout le temps. La fête étant vouée à durer toute l’après-midi, j’ai décidé de rentrer à la maison pour faire une pause et revenir éventuellement plus tard. Si mes hormones me travaillaient trop, je pouvais toujours revenir mater quelques danseuses.

En attendant, je préférais de loin (et c’est toujours valable maintenant) me tourner les pouces chez moi qu’au milieu de tous ces gens que je vomissais. Une fois à la maison, j’ai mis dans le lecteur CD le dernier album de Jean Michel Jarre en date à l’époque, Chronologie (j’ai toujours été un homme de goût, dans mon adolescence plus encore que maintenant, mais j’ai gardé quelques vestiges de cette époque bénie, puisque j’ai encore du mal à juger cette musique comme ringarde). Mon imagination s’est mise à vagabonder, et c’est là que j’ai vu la première image de mon histoire : trois types, engoncés dans des armures métalliques, marchant dans un couloir, plongé dans une pénombre qui leur était inhabituelle.

Je m’en souviens précisément, parce que c’était la première fois que j’ai eu clairement conscience d’inventer quelque chose qui pouvait potentiellement devenir plus grand que moi. Ce n’était plus des bricolages de lego ou des gribouillages sur papier canson 80g. Je n’étais très fan de cinéma que depuis un an, mais je me suis vite dit que c’était une super idée de scénario. Vous connaissez le problème, jeune (ou pas d’ailleurs), on juge très vite qu’une idée est grandiose, même si elle s’avère inintéressante. On s’attache à ses créations, surtout quand elles sont si directement connectées à notre subjectivité que le sont les idées.

J’étais encore gamin (en première j’étais vraiment un gamin, tout petit-petit-petit par la maturité), j’étais persuadé que c’était une super idée de départ. Mais une image, ça ne fait pas une histoire. Elle a commencé à m’obséder, j’y ai pensé tous les jours, et petit à petit les idées ont jailli, les unes après les autres : d’autres images, l’univers autour d’elles, les personnages qui y vivent. J’y pensais souvent à l’école, préférant laisser mon imagination construire ce chantier plutôt qu’écouter les enseignements bavards et inutiles de mes profs. Et un jour, j’ai senti la nécessité de les noter sur papier. Il fallait que j’en garde des traces, parce que certaines idées commençaient à en supplanter d’autres dans ma mémoire, et je voulais garder toutes les options pour le cas où j’écrirais un jour mon histoire. Je suis allé chez le buraliste le plus proche, et j’y ai acheté des feuilles à gros carreaux de couleur jaune, pour qu’écrire dessus ne me rappelle pas les maudites feuilles blanches de l’école.

C’était la première fois que je faisais des démarches liées à l’écriture en dehors des contraintes de l’école, et c’était vertigineux. Deux ans avant, au collège, j’avais participé à un concours de nouvelles et fini bon second, mais la sensation n’était pas la même : cette fois ça ne se passait absolument pas dans le cadre de l’école que je conchiait, et l’impulsion d’écrire ne nous était pas fortement suggérée par la prof de Français. J’avais moi, et moi seul, eu envie de prendre ces notes. Ce truc encore informe, c’était mon rejeton. Je l’aimais déjà, mais j’ignorais que la période de gestation serait aussi longue.

 

J’ignore aussi, d’ailleurs, si je suis retourné à la fête. Il ne me reste plus aucun souvenir de ce détail.

 

Partager

Déposez un commentaire !

(facultatif)

(facultatif)

error

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.107.191.110) pour vous identifier.     

Tous les commentaires de l'article:
Au commencement était l'idée

  • Jeanbatman mailto

    dim 12 avr 2009 16:38

    Je dois dire que faire un scénario sur une des parties de Chronologie de Jean Michel Jarre m'a toujours tenté, surtout la partie 2 qui est la plus épique.

    C'est un plaisir de vous lire.
    Musicalement vôtre,
    Jean-baptiste.